Ozempic, Mounjaro : que faire quand la piqûre ne suffit pas — ou ne dure pas ?

Ozempic, Wegovy, et désormais Mounjaro : jamais des traitements de l'obésité n'auront autant fait parler d'eux. Ces « piqûres pour maigrir » (les analogues du GLP-1) ont, à juste titre, changé le regard sur l'excès de poids : elles agissent, elles réduisent l'appétit, et elles ont permis à beaucoup de personnes de perdre plusieurs kilos sans passer par le bloc opératoire. Mais en consultation, deux questions reviennent sans cesse : « pourquoi est-ce que je ne perds pas autant que promis ? » et « que se passe-t-il quand j'arrête ? ». Ce sont deux excellentes questions — et elles méritent des réponses honnêtes.

Tout le monde ne répond pas au traitement — loin de là

consultation Dr Dandrifosse echec mounjaroLes moyennes annoncées dans les études font rêver, mais elles cachent une réalité très variable d'une personne à l'autre. Dans le grand essai comparatif SURMOUNT-5 (2025), qui a opposé directement les deux traitements pendant 72 semaines : sous sémaglutide (Ozempic/Wegovy), la perte moyenne était de 13,7 % — mais près de 4 patients sur 10 n'atteignaient même pas 10 % de perte, et à peine un sur quatre dépassait les 20 %. Sous tirzépatide (Mounjaro), le plus puissant des deux, la moyenne montait à 20,2 % — mais un patient sur deux restait néanmoins sous la barre des 20 %.

À titre de comparaison, la chirurgie bariatrique (sleeve, bypass) permet une perte de 25 à 30 % du poids, maintenue dans les études à dix ans et au-delà. Autrement dit : seule une minorité de patients obtient sous médicament une perte de poids majeure — et même celle-ci reste, en règle générale, inférieure à ce qu'offre la chirurgie. Si votre perte sous injection plafonne ou vous déçoit, ce n'est ni un échec personnel ni une fatalité : c'est une variabilité biologique connue, et cela justifie de réévaluer la stratégie.

Et même quand ça marche : à l'arrêt, le poids revient souvent

Les études de suivi sont désormais claires : chez une majorité de patients, l'arrêt du traitement s'accompagne d'une reprise de poids importante. Dans le principal essai de suivi (STEP 1), les participants avaient repris en moyenne environ deux tiers du poids perdu dans l'année suivant l'arrêt du sémaglutide ; avec le tirzépatide, plus de 80 % des patients avaient repris au moins un quart de leur perte à un an. Et les bénéfices sur la tension, la glycémie ou le tour de taille régressent avec les kilos. Plus préoccupant encore : les données récentes suggèrent que le poids repris est surtout de la masse grasse, alors qu'une partie de ce qui avait été perdu était du muscle — au fil des cycles « traitement, arrêt, reprise », la composition corporelle peut donc se détériorer. Ce n'est pas un manque de volonté. C'est de la physiologie : le médicament agit tant qu'on le prend. Dès qu'on l'arrête, l'appétit et les signaux de faim reviennent, et le corps tend à retrouver son point d'équilibre antérieur.

Autrement dit, pour une obésité réellement installée, ces médicaments sont souvent un traitement au long cours, à poursuivre potentiellement des années — avec les questions de coût, de tolérance et de disponibilité que cela suppose. Pour certaines personnes, c'est la bonne voie. Pour d'autres, cela pose une vraie question : existe-t-il une solution plus durable ?

La chirurgie n'est pas l'ennemie des GLP-1 — elle en est le prolongement logique

On oppose souvent, à tort, « la piqûre » et « l'opération ». Dans la réalité de la prise en charge, les deux se complètent. Les analogues du GLP-1 sont parfois utilisés avant une chirurgie, pour préparer l'intervention dans de meilleures conditions. Et à l'inverse, lorsqu'une obésité est sévère et ancienne, la chirurgie bariatrique reste le traitement offrant les résultats les plus durables dans le temps, avec un bénéfice démontré non seulement sur le poids mais aussi sur le diabète de type 2, l'hypertension ou l'apnée du sommeil.

La bonne manière de poser la question n'est donc pas « médicament ou chirurgie ? », mais : « quel est, pour moi, le traitement de fond qui tiendra sur la durée ? » C'est exactement ce que nous évaluons ensemble en consultation, sans a priori, en fonction de votre histoire, de votre poids, de vos antécédents et de vos objectifs.

(Pour aller plus loin, voyez nos pages [Critères d'éligibilité à la chirurgie bariatrique] et [Remboursement de la chirurgie bariatrique en Belgique].)

Ce qu'il faut retenir

Si votre perte de poids sous Ozempic, Wegovy ou Mounjaro est plus faible qu'espéré, ou si vous redoutez la reprise à l'arrêt, vous n'êtes pas dans une impasse — et vous n'avez rien fait de mal. Cela signifie simplement qu'il est peut-être temps d'évaluer une solution pensée pour durer. La chirurgie n'est pas une décision que l'on prend seul, ni dans l'urgence : elle se prépare, s'explique, et s'accompagne.

Si vous vous posez la question, le plus utile est d'en parler. Lors d'une première consultation, nous faisons le point sur votre situation, vos options — médicales comme chirurgicales — et le parcours concret, remboursement compris.

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